Wegovy et Mounjaro : ce qui a changé le 15 juin 2026
Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro peuvent être remboursés en France pour certains adultes atteints d’obésité. Cette évolution concerne Wegovy à base de sémaglutide et Mounjaro à base de tirzépatide lorsqu’ils sont prescrits dans le cadre précis ouvrant droit à la prise en charge.
Le changement est important, mais il ne rend pas ces traitements accessibles à toute personne souhaitant perdre du poids. Le remboursement de Wegovy en 2026 comme le remboursement de Mounjaro en France reposent sur des critères médicaux plus étroits que les indications générales permettant à un médecin de les prescrire.
Autrement dit, un traitement peut être médicalement prescrit sans être remboursé. L’IMC initial, les problèmes de santé associés, le résultat d’une prise en charge nutritionnelle antérieure, la qualité du premier prescripteur et la présence du document destiné à la pharmacie sont examinés séparément.
Qui peut bénéficier du remboursement ?
Les conditions de remboursement de Wegovy et Mounjaro ne se confondent pas avec les indications de leur autorisation de mise sur le marché. Pour la prise en charge financière liée au contrôle du poids, les règles retiennent deux situations chez l’adulte.
| Situation médicale | Condition liée au parcours nutritionnel | Remboursement possible |
|---|---|---|
| IMC initial égal ou supérieur à 40 kg/m² | Perte de poids inférieure à 5 % après six mois d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite | Oui, si les autres conditions de prescription et de justificatif sont remplies |
| IMC initial égal ou supérieur à 35 kg/m² avec au moins une comorbidité retenue | Même condition d’échec de la prise en charge nutritionnelle | Oui, après vérification de la comorbidité et des autres critères |
| Prescription conforme à l’AMM, mais en dehors des critères remboursables | Évaluation médicale nécessaire | Non, même si la prescription peut rester valable |
L’IMC initial correspond à celui relevé au début du traitement indiqué pour le contrôle du poids. Cette précision compte pour les personnes qui utilisaient déjà Wegovy ou Mounjaro avant la mise en place du remboursement.
Lorsque l’IMC initial se situe à partir de 35 kg/m², la réglementation prévoit une liste de comorbidités sévères. Elle comprend notamment :
- un diabète de type 2 ou une hypertension artérielle nécessitant un traitement médicamenteux ;
- certaines atteintes métaboliques ou hépatiques documentées, comme une hypertriglycéridémie sévère résistante au traitement ou une NASH avec les critères prévus ;
- un syndrome des ovaires polykystiques dans la situation définie, ou un projet d’assistance médicale à la procréation proposé par l’équipe concernée ;
- certaines maladies rénales, un syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil ou un asthme sévère lié à l’obésité ;
- des complications fonctionnelles invalidantes pour lesquelles la perte de poids fait partie de la stratégie médicale.
Cette présentation résume la règle sans remplacer la liste officielle détaillée. La présence d’une maladie courante ne suffit pas automatiquement : certaines situations exigent un niveau de gravité précis ou l’avis d’un spécialiste.
Qui peut prescrire le traitement et ouvrir droit au remboursement ?
Depuis juin 2025, tout médecin peut établir une ordonnance de Wegovy ou de Mounjaro dans le respect de l’autorisation de mise sur le marché. Cette possibilité ne signifie toutefois pas que chaque première prescription sera remboursable.
Une première prescription remboursable plus encadrée
Pour ouvrir droit au remboursement dans l’indication de l’obésité, la première prescription doit être établie par un professionnel impliqué dans les niveaux de recours spécialisés. Sont notamment concernés certains endocrinologues-diabétologues-nutritionnistes, médecins compétents en nutrition et chirurgiens bariatriques exerçant dans un centre spécialisé de l’obésité, un CHU ou une structure de soins médicaux et de réadaptation habilitée.
Le dispositif inclut également les médecins coordinateurs d’un parcours coordonné renforcé consacré à l’obésité complexe et, sous les conditions prévues, certains endocrinologues travaillant en lien formalisé avec un centre spécialisé de l’obésité.
Le renouvellement peut être assuré par un autre médecin
Après cette première prescription ouvrant droit à la prise en charge, les prescriptions suivantes peuvent être réalisées par le médecin traitant ou par un autre spécialiste. Le suivi reste médical : il sert à contrôler l’efficacité, la tolérance et la pertinence de la poursuite du traitement.
Un traitement peut rester prescrit sans être remboursé
Une prescription établie en dehors du parcours remboursable peut rester conforme à l’AMM. Dans ce cas, le médecin indique que le traitement n’est pas remboursable et informe le patient du coût restant à sa charge. Une ordonnance valable ne suffit donc pas, à elle seule, à garantir la prise en charge.
Le formulaire à présenter à la pharmacie
Le formulaire d’accompagnement à la prescription permet de distinguer une prescription entrant dans le champ remboursable d’une prescription qui reste à la charge du patient. Il est complété par le prescripteur via le service prévu à cet effet ou, lorsque cela est nécessaire, sur papier.
Le médecin remplit ce justificatif une seule fois, puis en remet une copie au patient. Cette copie doit être conservée : elle est présentée avec l’ordonnance à chaque délivrance en pharmacie. Le pharmacien peut ainsi vérifier que le traitement correspond au cadre déclaré et appliquer la prise en charge lorsqu’elle est justifiée.
Sans justificatif conforme, aucun remboursement ne peut être appliqué. La FAQ du ministère précise qu’une délivrance peut néanmoins rester possible si l’ordonnance est valable et que les vérifications pharmaceutiques sont satisfaisantes, mais le patient supporte alors le coût du médicament.
Que doivent faire les patients déjà traités avant juin 2026 ?
Le passage au remboursement n’est pas automatique pour les personnes qui avaient commencé Wegovy ou Mounjaro auparavant. Elles doivent également obtenir le justificatif auprès d’un médecin habilité à établir une première prescription remboursable.
Les critères sont appréciés à partir de la situation existant au début du traitement, notamment l’IMC initial. Il est donc utile de réunir les documents permettant au spécialiste de reconstituer le parcours : ancienne ordonnance, date de début, poids ou IMC de départ, suivi nutritionnel et informations sur les complications associées.
Le formulaire doit ensuite être présenté pour les délivrances postérieures au 15 juin 2026. Une régularisation administrative ne garantit pas, à elle seule, l’éligibilité : les critères médicaux restent déterminants.
Quel remboursement et quel reste à charge prévoir ?
Lorsque toutes les conditions sont remplies, la prise en charge par l’Assurance Maladie est fixée à 65 % de la base de remboursement. La participation de l’assuré est donc normalement de 35 % avant l’intervention éventuelle d’une complémentaire santé ou l’application d’une exonération.
Le montant effectivement payé ne peut pas être déduit du seul taux de remboursement. Il dépend du médicament délivré, de la présentation prescrite, de la situation administrative du patient et de sa couverture complémentaire. Une prise en charge intégrale peut exister dans certaines situations, mais elle doit être vérifiée individuellement.
Pour éviter une mauvaise surprise au comptoir, il est préférable de faire contrôler l’ordonnance et le justificatif avant la délivrance. La pharmacie peut alors préciser le montant pris en charge et l’éventuel reste à payer.
Ce que le remboursement ne change pas
Wegovy et Mounjaro restent des médicaments sur ordonnance et des traitements de seconde intention. Ils interviennent lorsque la prise en charge nutritionnelle et les changements du mode de vie n’ont pas permis d’obtenir le résultat attendu. Le médicament accompagne une démarche plus large de prise en charge de la perte de poids chez l’adulte ; il ne la remplace pas.
Les effets indésirables les plus fréquents concernent l’appareil digestif, notamment les nausées, les vomissements, les douleurs abdominales et la diarrhée. Une déshydratation, une perte importante de masse musculaire ou certaines carences nutritionnelles peuvent également nécessiter une surveillance. La progression des doses et le suivi sont décidés par le prescripteur.
Enfin, Wegovy et Mounjaro sont deux médicaments distincts. Le sémaglutide et le tirzépatide ne doivent pas être échangés ou associés de sa propre initiative. En France, ces médicaments soumis à prescription ne peuvent pas être légalement vendus en ligne ; les offres proposées sur les réseaux sociaux ou en dehors du circuit pharmaceutique exposent à des produits falsifiés et à des risques graves.
Avertissement médical
Cette page présente les règles générales applicables en France au 20 octobre 2026. Elle ne permet pas de déterminer l’éligibilité individuelle à un traitement ou à son remboursement.
Wegovy et Mounjaro nécessitent une prescription, une évaluation médicale et un suivi régulier. N’interrompez pas, ne reprenez pas et ne modifiez pas un traitement sans l’avis du prescripteur. En cas d’effets indésirables importants ou persistants, contactez rapidement un médecin ou un pharmacien.
Questions fréquentes sur le remboursement de Wegovy et Mounjaro
Wegovy est-il remboursé en France en 2026 ?
Oui, depuis le 15 juin 2026, mais uniquement lorsque les critères médicaux, le parcours nutritionnel, la première prescription spécialisée et le justificatif sont conformes. Une prescription hors de ce cadre peut rester non remboursable.
Mounjaro est-il remboursé pour le traitement de l’obésité ?
Oui, dans les situations d’obésité prévues par les règles de prise en charge. Son utilisation dans le diabète de type 2 relève d’une indication et de conditions qui doivent être distinguées de celles du contrôle du poids.
Un médecin généraliste peut-il prescrire Wegovy ou Mounjaro ?
Un généraliste peut les prescrire dans le respect de l’AMM. Pour qu’une première prescription liée à l’obésité ouvre droit au remboursement, elle doit toutefois provenir d’un professionnel habilité ; le généraliste peut ensuite assurer les prescriptions suivantes.
Faut-il présenter le formulaire à chaque passage en pharmacie ?
Oui. Le prescripteur le complète une seule fois, mais le patient doit conserver sa copie et la présenter avec l’ordonnance lors de chaque délivrance.
Que faire si le traitement a commencé avant le 15 juin 2026 ?
Il faut consulter un prescripteur habilité afin qu’il vérifie l’éligibilité et établisse le justificatif. L’IMC initial et la situation médicale au début du traitement sont pris en compte.
Révision pharmaceutique
Texte vérifié par Uttam Chatterjee,
Pharmacien responsable – LocalPharma, Octobre 2026
Sources officielles
- Ministère chargé de la Santé – médicaments à base d’analogues du GLP-1 indiqués dans le contrôle du poids
- Assurance Maladie – obésité de l’adulte, médicaments et conditions de prise en charge
- Légifrance – arrêté du 10 juin 2026 relatif aux spécialités remboursables
- ANSM – prescription, délivrance et surveillance des analogues du GLP-1 indiqués dans l’obésité